Limites de l’auto coaching

Cette liste n’est pas exhaustive, cependant elle vous donnera une idée des mécanismes inconscients qui peuvent s’opérer dans l’auto coaching et être autant d’entraves à l’auto-objectivation, donc à notre développement personnel ou à notre évolution professionnelle.

 

La résistance

Lorsqu’on travaille seul(e) sur/avec soi-même, il est particulièrement difficile de repérer les moments où nous rentrons en résistance, c’est-à-dire les moments où l’on touche, par exemple, à quelque chose dont la charge émotionnelle est élevée et qui fait que non, décidément, cette porte-là, nous ne la pousserons pas. Nous développons alors des trésors d’inventivité pour élaborer des stratégies d’évitement pas très conscientes qui parviennent à nous tromper nous-mêmes: nous ne nous apercevons même pas que nous résistons à l’exploration d’une solution, par exemple.

 

La main sur le frein

Imaginons un conducteur qui parviendrait à se concentrer tellement sur autre chose qu’il ne verrait même pas qu’il a oublié de desserrer le frein à main. Cela ne l’empêchera peut-être pas complètement d’avancer, mais ça gênera certainement la bonne marche de sa bagnole, ça lui coûtera beaucoup d’énergie et au bout d’un moment, ça risque d’essouffler franchement son moteur. Cette main sur le frein, ce sont les entraves auxquelles nous sommes aveugles, par habitude, par programmation. Voir par exemple

 

Les lunettes déformantes

Nous pouvons avoir une image déformée de nous-mêmes, cette sorte de petit arrangement qui nous permet de ne pas voir ce que nous n’avons pas envie de voir. Ainsi nous pouvons augmenter ou diminuer l’ampleur réelle d’une caractéristique, de façon à correspondre à l’image que nous avons de nous-mêmes, ou que nous voulons avoir ou entretenir, en fonction des croyances qui nous ont été transmises. Nous pouvons ainsi nous retrouver par exemple dans des mécanismes de survalorisation ou de dévalorisation en ayant l’impression d’être parfaitement objectifs. C’est valable aussi pour nos comportements, nos réactions émotionnelles, nos relations. Sans le miroir de l’autre, comment ôter ces lunettes dont nous n’avons pas conscience et cesser de perpétrer les mêmes schémas, les mêmes comportements, les mêmes façons de penser pour mettre en place autre chose? Voir

 

Tourner en rond

Quand nous réfléchissons à nos préoccupations, qu’il s’agisse de problèmes ou de nos ambitions et projets, nous avons tendance à réfléchir toujours de la même manière, parce que nous plaquons à chaque fois nos filtres, nos opinions, nos convictions, nos mécanismes, nos connaissances etc. et face à un obstacle, nous nous retrouvons assez facilement à tourner joyeusement en rond, à nous décourager et/ou à conclure avec une certitude le plus souvent erronée: il n’y a pas de solution.
Ainsi, un client m’explique l’autre jour qu’il est impossible de faire le deuil d’une situation professionnelle perdue: cette généralisation vient tout simplement du fait qu’il n’est pas parvenu à le faire par lui-même, en tout cas jusqu’à présent. C’est l’avantage d’un oeil extérieur qui peut proposer des façons de réfléchir différentes qui offrent des possibilités de sortie de rond-point.


Le placage de solutions toutes faites

Les livres, les sites, les blogs regorgent de recettes toutes faites qui, si elles sont alléchantes par leur bon sens convaincant, leur évidence, ont un défaut majeur : elles ignorent la spécificité de la personne et n’engagent donc que ceux qui les ont mijotées. Quel risque à manger au menu ? Au mieux la déception d’une solution inefficace, au pire la pression auto imposée au travers d’outils inadaptés, la culpabilité de ne pas y arriver. Seule l’appropriation par la personalisation d’un outil entraîne son efficacité. A titre d’exemple: non, se lever tôt le matin n’est pas un outil universel de réussite*.
De même, la limite de l’auto coaching version blog d’Ithaque, sa limite est bel et bien que les questions restent générales. Tout l’art et l’efficacité du coaching résident dans la capacité du coach à orienter ses questions en fonction de ce que dit son client. Voir

 

Les outils mal appliqués

Prenons l’exemple de la demande assertive  ou de la CNV. Il suffit de petites erreurs d’application, comme une justification, pour qu’il perde en efficacité. Or, lorsqu’on débute en la matière, il est fréquent de commettre de petites erreurs d’application. Et il suffit d’un échec pour remettre en question la technique: c’est bien là la preuve qu’elle ne marche pas. L’absence de suivi, de regard extérieur sur l’application entraîne souvent l’abandon rapide, comme on le voit chez les cadres: nombre d’entre eux ont vu la CNV dans des séminaires de leadership/management/communication et aucun ne l’applique.
Prenons l’objectif SMART, qui a l’air simple. Parfois, notre objectif nous tient tellement à coeur que nous avons envie de croire qu’il est, par exemple, tout à fait spécifique alors qu’il reste vague.Voir aussi:

 

L’absence de mise en action

Les prises de conscience, les nouvelles connaissances, si elles ne sont pas suivies de mises en action concrètes destinées à se rapprocher de la situation désirée, ne servent qu’à rien d’autre qu’à l’enrichissement intellectuel – ce qui peut être une fin en soi. Si l’on se découvre un comportement de Victime et qu’on n’y fait rien, les chances de demeurer Victime sont très élevées. Or, quand nous sommes seuls avec nous-mêmes, il nous arrive souvent de préférer céder à d’autres priorités que de mettre en place des actions parfois perçues comme difficiles. En bref, seuls, nous avons plus de mal à sortir de notre zone de confort et à tester des façons de faire différentes de nos habitudes

Il n’est pas rare que des clients qui viennent me voir justement parce qu’ils ont fait des prises de conscience essentielles sur un dysfonctionnement problématique, dont ils peuvent avoir identifié les origines, les circonstances habituelles etc., mais seuls ils n’ont pas trouvé quoi en faire.