Ma descente en enfer avec un pervers narcissique : Le témoignage bouleversant & coaching de Laure


Les titres en orange sont mes annotations personnelles afin que le lecteur sache dans quelle partie il se trouve dans le témoignage de Laure et qu'il puisse comprendre les enchaînements rapides que prennent une relation d'emprise et de violence psychologique, physique et sexuelle.


Une fracture intérieure peut nous laisser glisser facilement dans l' emprise psychologique jusqu'au la perversion sexuelle et le viol dans certains cas.

Au cours de notre histoire personnelle et à notre insu, des fondations essentielles peuvent cruellement manquer à notre construction et notre développement psychologique qui interdisent inconsciemment toute réflexion sur notre droit au bonheur, au respect, à l'intégrité et à la dignité, à l'estime de soi.

La prise avec soi et l'autre est défectueuse !

C'est malheureusement ce point de départ qui va conduire la personne d'histoires en histoires à être confrontée à ce qui ne fonctionne pas ou ce qui ne fonctionne plus chez elle.


Une opportunité dira-t-on de résilience. Oui mais parfois pas sans laisser de traces indélébiles.


Le témoignage de Laure, est à la lecture douloureux.

Sa prise défectueuse ne pouvait que potentiellement se brancher avec un partenaire sadique et pervers qui va l'emmener loin jusqu'à la descente en enfers.

Cette "union fictive" lui apporte durant une très courte durée une plénitude rythmée par des moments qui vont la pousser à vivre des abus psychologiques, des violences physiques, des violences sexuelles. Elle se sentira obligée de se soumettre à son bourreau pour retrouver ce paradis perdu derrière lequel elle court et l emmène malgré elle à sa perte.


Elle finit par se faire accompagner à mes côtés pendant 6 mois, où elle trouve enfin la porte de sortie...de l'emprise.


Elle en est sortie, oui mais qu'en est il de son estime de soi ? Qu'en est-il de sa confiance ? de sa réputation, son intégrité et de sa dignité qui ont été piétinée ? Comment va t elle se reconstruire dans l'amour ? 'Sait- elle au moins pardonnée ? Est-elle véritablement guérie de ce passé ? Je n'en sais rien ! Et je le serais sans doute jamais.


L emprise est une aliénation du lien qui trouve pour seule "utilité" la recherche de réparation de la relation, puisque la victime se sent d'abord coupable, honteuse d'un amour relationnel dysfonctionnel dont elle a peur viscéralement de perdre.


La peur intense de son bourreau est aussi un autre problème dont il convient de mentionner.


Le terreau des violences et de l’emprise psychologique est là pour cultiver la culpabilité, la honte, l’humiliation et la peur intense source de prison psychique, émotionnelle et spirituelle. C'est ce que Laure a vécu.


L emprise est une prison raison pour laquelle la personne est souvent confrontée à une impossible rupture de nature physique ou psychologique, parfois même après avoir quitté longtemps après le bourreau .


Le déclic, quand il arrive, est à l'origine le plus souvent d'un événement malheureux (maladie, accident grave, vol et violation aggravée), une mort (animal, humain) la rupture de lien avec un proche aidant, la violence du parent toxique sur les enfants..Des sujets dont on parlera dans d'autres articles. Abonnez-vous pour rester informé !


Tout part de sa propre histoire..

Nous sommes fin janvier 2018, cette nouvelle année résonne en moi comme une bouffée d’air après une suffocation douloureuse depuis plus d’une année. Depuis mes 19 ans, je suis en quête d’une libération, en quête de cette pièce qui manque à mon puzzle pour enfin l’achever et l’accrocher sur le mur de « mon estime de soi ». Cette pièce qui me manque tant mais je ne sais où la chercher. Tout est noirceur autour de moi, je n’arrive pas à être positive dans ma vie, je marche sur un fil qui ne fait que tanguer. Je n’ai pas eu une enfance facile, parents divorcés à l’âge de 8 ans, un père exigeant, une mère défaillante et agressive. En résumé, un modèle parental très toxique puisque tantôt nous partions tous les trois en vacances, tantôt je voyais défiler des hommes dans ma maison, cette coquille où je me suis enfermée. Cette estime est comme une plante qui a du mal à sortir du sol...la terre lui empêche de voir la clarté, et semble peser une tonne sur cette petite graine si insignifiante.


SITUATION D'EXPOSITION ET DE VULNÉRABILITÉS : rupture, burn 'out, déménagement

Cet été 2016, l’année ne commençait pas sur les chapeaux de roues. J’ai (enfin) trouvé un contrat en alternance pour suivre un cursus en école de commerce. Toutefois, ce travail n’était pas épanouissant et se passait de plus en plus mal chaque jour, j’ai fini par faire un burn-out. Je me suis séparée de mon conjoint avec lequel j’avais entretenu une relation de presque 6 ans. Mais, ce fût pour moi la meilleure décision de m’en aller et de prendre un chemin différent. J’ai alors trouvé un bel appartement dans lequel je me sentais si bien. Puis, j’ai décidé de faire des rencontres, de sortir de mon chez-moi. A ce moment-là je ressentais déjà ce manque affectif, cette dépendance sur laquelle j’ai pu mettre des mots grâce à l’accompagnement de Fati. Avec du recul, j’ai pu m’apercevoir que j’étais déjà dépendante de mon ex conjoint. Mes parents ne m’ont pas soutenu et je vivais ainsi un peu sous son aile. Je souhaitais mettre un terme à la relation depuis un moment, mais la sécurité et le confort me retenait. Je sentais en moi que je n’avais pas d’autres solutions.


LA RENCONTRE ET LES SIGNAUX D ALARME

Ce 1er août 2016 était ensoleillé. David organisait une séance « initiation sports de combats » dans un parc. A la vue de cette sortie, ma petite voix intérieure me pousse à m’inscrire pour sortir de ma zone de confort. Je me suis écoutée. Nous nous sommes rencontrés en groupe. Il était ouvert, agréable, curieux. Il ne cessait de m’observer. Ma première impression le concernant était plutôt agréable.

En revanche, il était déjà très proche d’une fille présente lors de cette séance de sport. Après la session, nous nous sommes dits au revoir et, instinctivement, j’ai posé ma main sur son bras pour lui faire la bise. Depuis cet instant, il ne cessait de m’écrire par messages. Il organisait une autre séance le jeudi et m’invitait à y participer. Avant notre deuxième rencontre, nous nous écrivions tout le temps, il souhaitait tout connaître de ma vie, absolument tout. Il insistait pour venir chez moi, car il voulait me voir (et certainement avoir un rapport intime). Je n’ai pas cédé, mais nous avons convenu que je resterai avec lui le jeudi soir après la débauche de son travail.

Il s’avérait que David jouait déjà sur deux tableaux avec cette fille et moi, la même semaine. Je trouvais déjà étrange qu’il reparte avec elle juste après notre seconde séance alors qu’il ne cessait de me dire que je lui plaisais et qu’il voulait passer du temps avec moi.... « Peut-être qu’ils sont très bons amis » me disais-je. David me disait qu’il ne s’était rien passé. C’est faux. Il a avoué par la suite eu des rapports avec elle la veille où nous avions eu un moment intime également. « Wow », premier signal d’alerte. Ce signal ne m’a pas freiné car, après tout, il n’avait aucun compte à me rendre.


LA FUSION ...

Le lendemain où nous avons passé la nuit ensemble, nous avions l’air d’un « petit couple », à rigoler, s’enlacer, discuter. A tel point, il me disait qu’il souhaitait une relation sincère et souhaitait construire un futur avec moi. Je me suis sentie un peu piégée sur le fait. Car, oui je l’appréciais mais, n’était-ce pas trop rapide ? Pourquoi pas. Après tout, il s’intéressait à moi, il me sublimait, il me plaisait. Les jours passèrent et je fus réellement émerveillée, j’étais complétement sous son charme. J’aimais nos grandes discussions et nos fous rires. Notre relation était à mon sens très fusionnelle mais très tumultueuse. Cela n’empêchait pas que je me projetais avec lui. Je ne cessais de lui dire qu’il était l’homme de ma vie. Je le pensais réellement car mes sentiments étaient si forts pour cet homme.

Nous n’avons jamais habité ensemble. David m’a proposé d’emménager ensemble rapidement. Petit signal d’alerte. J’étais folle de cette homme mais n’était-ce pas trop rapide (encore) ? Au fond de moi j’en avais envie, mais cette petite voix me disait non. Non parce qu’il montrait déjà ces sauts d’humeur mais aussi parce que je venais d’emménager dans mon appartement. Puis, après tout, nous commencions juste à nous fréquenter. De ce fait, je venais autant que possible chez lui. Il ne pouvait passer une nuit chez moi car il ne voulait pas laisser ses chiens seuls.


LA DESCENTE TOUT DOUCEMENT MAIS SÛREMENT..

Très vite, il commençait à être colérique, impulsif, jaloux, excessif. Je remarquais qu’il avait des moments « très haut » et des moments « très bas ». Il était tantôt très joyeux, tantôt très triste et me disait qu’il n’avait que moi.

Je devais être à ses ordres. En conséquence, je devais me dépêcher de débaucher, de rentrer chez moi, de me doucher, prendre mes affaires et accourir chez lui. Si je prenais trop de temps il me le faisait bien comprendre. Je suis tombée rapidement amoureuse, très rapidement. Cependant, cette relation m’épuisait. Quand je faisais quelque chose qui ne lui convenait pas, il ne me parlait plus, m’ignorait, mais je ne pouvais (voulais ?) par partir de chez lui. Ceci dit, il me mit dehors à plusieurs reprises et illico-presto ! Je ne pouvais dire un mot, je devais prendre mes affaires et partir sur le champ. Je voyais ce regard sombre qui me fixait et mon instinct de survie me disait « dégage de là, de suite ! ». Et ce

n’était pas sans peine. Il ne m’adressait plus la parole alors que je souhaitais simplement éclaircir la situation.

Je me souviens de ce week-end au moins de novembre, trois mois après le début de notre relation. Cette souffrance que j’ai endurée, comme une sensation de poignard qui me déchire le cœur lentement et en petits morceaux. Il m’avait envoyé chez moi car, selon lui je ne m’investissais pas suffisamment dans cette relation. « Nous sommes faits l’un pour l’autre mais ne pouvons être ensemble. » disait-il. Cette vie étudiante que je mène ne lui convenait pas. Et pourtant je ne sortais quasiment pas...



..EN ENFER

En fait, depuis que je l’ai rencontré, ce fût la dégringolade. Je suis à bord d’un wagon qui fonce à toute allure sur un grand-huit, et je n’ai aucune ceinture de sécurité. Je passais chaque week-end et tout mon temps libre à ses côtés. Je me suis éloignée de mes amis. Quand je souhaitais sortir exceptionnellement avec des copines, il ne l’acceptait pas. Il voulait passer tout son temps avec moi. « Tu ne sais pas ce que c’est une vraie relation, quand tu y auras réfléchi on en reparlera. En attendant, on a besoin de prendre du temps chacun de notre côté, pour mieux se retrouver. » Ces mots résonnaient en moi comme un son d’une cloche qui ne voulait cesser de retentir. Pourtant là, je n’ai vu aucun signal d’alerte. « Quelle idiote ! » me disais-je, « j’ai tant besoin de lui, je ferais n’importe quoi pour lui, c’est l’homme de ma vie, il est tout pour moi. » Je sortais le fouet et ne cessais de me battre avec. J’étais accroché à une corde virtuelle, de temps en temps il me laissait du leste pour que je souffre encore plus mais tirait dessus constamment pour me maintenir à ses côtés. Il faisait régulièrement des « breaks » car j’étais la femme de sa vie mais nos vies ne correspondaient pas.


L EMPRISE PSYCHOLOGIQUE : LE PIEGE SE REFERME !!

Ce mois de novembre fût l’horreur, le début de la fin. Je peinais à réussir mes études, je ne mangeais plus, je passais mon temps seule et enfermée, je n’avais plus goût pour quoique ce soit. A chaque dispute où il ne me manquait pas de me renvoyer chez moi, je revenais à genou. Il me le faisait bien payer. Il ne manquait pas de m’accuser sans arrêt. Quoique je faisais, rien n’allait. Pourtant je pensais bien faire. J’ai annulé une virée filles une après-midi car j’avais envie de rester au chaud avec lui. Il n’a pas manqué de me dire « tu crois que je suis la troisième roue du carrosse ? Un plan B quand tu n’as plus envie de sortir ? ». Je me sentais déboussolée. Je ne comprenais pas. Nous avons fini par nous revoir tant bien que mal. J’ai passé le réveillon seule avec lui où nous avons dormi tôt. Une soirée comme une autre, car très vite « je n’ai pas d’argent » revenait constamment sur la table. Pourtant il dépensait beaucoup d’argent. Poker, Euromillion, kebabs, macdo, pizzas quand il en avait fortement envie, mais « c’est la dernière fois ». Tu parles.



VIOLENCES PHYSIQUES ET SEXUELLES


Très vite il commencait à me dévaloriser. Je suis gentille mais très très [...] chiante ! Je ne comprenais rien, je ne l’écoutais pas, etc... Je suis végétarienne et ne savait pas quoi faire à manger alors je devais m’en occuper sans arrêt et dès que ce n’était pas prêt, il m’ignorait, me le faisait payer. Il n’a jamais fait un effort pour me préparer un petit plat pour me faire plaisir (très simple je ne demandais pas la lune) ou ne serait-ce que s’intéresser au végétarisme/véganisme.

Il était très doué. Eperdument amoureuse de cet homme j’ai fait des choses que je n’aurais probablement jamais faites. Il est rentré dans mon cerveau si rapidement et a coupé tous les « tuyaux » qui me reliaient à la réalité. Je ne sais toujours pas comment il a fait. Petit à petit, les déviances sexuelles sont apparues. Au départ, ce n’était que des expériences à expérimenter. Un fort besoin qu’il devait combler parait-il. Ce « jeu » a commencé par des sextoys. Puis, par des insultes pendant l’acte. Je n’étais qu’une « salope », « sa petite chienne ». Nous ne faisions jamais l’amour, son plaisir avant tout. Et si je ne comblais pas son plaisir, il me le faisait payer et peu importe l’heure ou mon état de santé. Régulièrement, à peine nous venions de nous mettre au lit, il voulait une gâterie (car « au moins je peux faire ça si je n’ai pas envie de (ou je ne peux) faire l’amour » ). Si je ne le faisais pas, il le faisait à côté de moi, seul ou il se retournait et me faisait la tête. J’étais très mal à l’aise. Soit je lui faisais plaisir (mais je n’en avais pas envie) soit je ne faisais rien mais au prix qu’il me laisse seule dans mon coin... Je me sentais comme le « derrière » entre deux chaises. Chaque fois que je sortais de la douche dénudée et m’habillait, il me forçait à me pencher sur la table à repasser pour qu’il m’inflige des fessées. Mais peu importe si j’avais mal (j’avais beau lui dire), il me tenait et continuait.


VIOL - CHANTAGE -PEUR- PUNITIONS -CULPABILITÉ - HONTE

Par la suite, il avait une forte envie que j’ai un rapport avec un autre homme et que je lui raconte tout. Il voulait me voir avec un autre homme pendant que lui se masturbe à côté et/ou se joint à nous. Venait ensuite son fort désir d’aller dans un club échangiste. Oui, selon lui nous étions « les seuls à n’avoir jamais testé et puis bon ma chérie il faut bien essayer, ça m’excite tellement ». J’ai résisté tant bien que mal. Au fond de moi j’avais envie d’essayer de nouvelles expériences mais ça ne sonnait pas juste, j’avais peur. Alors pour essayer de lui faire plaisir et pour ne pas me faire punir, j’avais proposé de télécharger une application de rencontres. Grave erreur. C’est comme si ce désir profond grandissait de jour en jour et allait exploser tel une bombe à retardement. Je ne pouvais pas me coucher dans le lit et dormir tant que je n’avais pas « liké » au moins 10 hommes. Il m’observait et me forçait à aller sur cette application. Quand je discutais avec un homme, il finit par discuter à ma place. Des mots crus, ces conversations étaient « sales ». Toute cette situation me dégoutait petit à petit. J’étais entrée dans un cercle vicieux. Je lui disais oui pour combler son désir, pour qu’il me laisse tranquille un tant soit peu mais le chantage faisait rapidement surface. « Tu as dit oui, tu as dit que tu le ferais pour me faire plaisir et voilà on n’a toujours rien fait. Je t’ai prévenu Laura, j’ai ce besoin là et si tu n’es pas prête à le combler autant en arrêter là ». J’ai mal. Très mal. « Qu’est-ce qu’une « vraie » relation Laura ? » cette voix à l’intérieur de moi me questionne sans arrêt. Je sentais bien que quelque chose clochait... Il nous avait ainsi inscrit sur un site de rencontres libertines et m’obligeait à parler à des couples ou à des hommes. Des hommes ignobles, un univers qui ne m’attirait pas du tout. Mélangistes, gang-bang, exhibitionnistes, caudaulisme, etc... Un soir, je devais absolument parler à cet homme, je devais l’exciter. David a fini par me pénétrer, et me forçait à exciter cet homme à moitié allongée sur l’ordinateur avec une position très désagréable. Il a fini, s’est relevé, s’est douché, et j’ai fini en pleurs. Je me suis sentie comme une moins que rien.


NOUVEAU CHAPITRE : UNE DOULOUREUSE PERTE ET DES NOUVELLES RENCONTRES


En début d’année 2017, David reçoit une proposition professionnelle d’une mission dans le Nord de la France. Nous habitons dans le Sud. Il hésitait et a fini par acceptait car c’était financièrement intéressant. Je l’ai soutenu car c’était une belle opportunité pour lui et il serait de retour dans trois mois. Il partait fin janvier. A la mi-février je lui rends visite. Je rencontre sa mère. Il ne la porte pas vraiment dans son cœur. En réalité il ne portait pas grand monde dans son cœur. Il était toujours très critique « ce sont tous des moutons », très désobligeant et lui était par-dessus le reste du monde. En rentrant chez moi, je découvrais que je n’avais pas mes règles... J’étais enceinte de lui. Ce fût une étape très difficile à vivre. Je suis tombée vite malade, très malade. Je ne supportais pas cette grossesse, je me rendais aussi malade psychologiquement car j’étais seule. Nous étions devenus fous tous les deux. Je voulais le garder mais ma petite voix me disait « tu n’es pas dans une relation stable aujourd’hui ». Ce choix était comme franchir l’Everest pieds nus ! Il ne m’aidait pas non plus à distance. Il me disait oui, puis non, puis oui puis non. C’était ma faute. Je devais lui dire ce que je voulais car il avait accepté cette mission et comptait démissionner par la suite. Il me disait « super ! un gosse, moi sans emploi, toi qui termine tes études, on n’a pas de maison ! » le message est clair. Je lui ai demandé à plusieurs reprises de venir car je n’étais vraiment pas bien, j’avais mal. Lors de mon échographie à l’hôpital, ce petit être avait 5 semaines, le docteur m’a fait écouter son cœur sans me demander si j’en avais l’envie. Le choc. Cette graine à l’intérieur de moi... j’étais seule sur ce fauteuil dans un hôpital si inconnu. Et mon copain qui ne pouvait pas venir... J’ai demandé à une amie, avec qui je suis restée en contact tout ce temps mais que je voyais peu tout compte fait, de m’accompagner pour la prise médicamenteuse. Le traitement n’a pas marché, je l’avais rejeté à force d’être malade. Je me suis faite opérée le 11 mars. Cette opération dont j’avais toujours eu peur. Je n’aime pas les opérations en général alors celle-ci sonnait en moi comme une tragédie. Heureusement que j’avais mes doses de morphine pour faire passer cette douleur physique...et mentale. Puis, il a fini par venir. Il est venu à l’hôpital. « Il a traversé la France pour toi, yes ! il m’aime tellement... » Quand il est apparu dans ma chambre, j’ai cru voir dans son regard un réel soulagement de m’avoir retrouvée.


J’ai été absente du travail et des cours presque trois semaines. Je suis revenue à la réalité quand je suis rentrée d’une semaine de « vacances » dans le Nord avec lui. Nous avons fini par le déménager et il est ainsi revenu plus tôt que prévu. Cette épopée m’a laissé une trace. Vivre cet avortement et lui, loin, distante, et de mauvaise humeur. Il ne cessait de critiquer son employeur (et ses collègues !).


INFIDÉLITÉ ET DOULOUREUX DU DEUIL -

Comme me disait Fati, il n’y a pas de hasard. Lors de l’un de mes séjours aux urgences, j’ai rencontré une amie à ma tante, une medium et magnétiseuse. Je souffrais déjà depuis un bon moment mais quand cette femme, Virginie, tentait de me soigner dans la salle d’attente, elle m’avertissait sur la relation que j’entretenais avec David. Les mois passèrent. Il ne m’a plus jamais parlé de cet avortement. Je n’arrivais pas à lui faire comprendre à quel point j’étais touchée. A mon travail, tout se passait plutôt bien malgré mes moments d’absence et une nette baisse de motivation. La fin de mon année scolaire montrait le bout de son nez à très grand pas. Je peinais fortement à étudier et à avancer sur mon mémoire de fin d’études. En juin, je décidais ainsi de rencontrer Virginie afin de lui poser des questions sur mon avenir professionnel. J’ai toujours eu cette attirance vers le spiritualisme. Au départ, je n’avais pas imaginé lui parler de David. Mais cette relation est vite venue sur la table. J’ai cru tombé de 50 étages, la tête en avant. Cette rencontre avec Virginie fût une véritable tornade qui m’aspirait et m’envoyait balader des kilomètres plus loin. Les mots qui sont sortis de sa bouche résonnaient en moi comme des coups de marteau. Elle m’avertit que cet homme était dangereux, malsain, malhonnête, et j’en passe. Qu’il me trompait depuis le début de notre relation et que c’était certainement un manipulateur pervers narcissique. Un manipulateur pervers narcissique ? Impossible. Je ne connaissais pas bien ce terme et je ne pouvais qualifier exactement ce type de personnes. Je n’ai pas dormi de la nuit, mon cerveau tournait à 1000 à l’heure. Le lendemain, je ne pouvais m’empêcher de fouiller sa boîte mail. Et, je n’étais pas au bout de mes surprises. Je découvris qu’il avait payé pour s’abonner à un site de rencontres. J’ai eu accès à son profil via sa boite mails. Il avait écrit à toutes ces filles dans le but de les rencontrer et de les séduire. Il se faisait passer pour un célibataire. Mais que se passe-t-il ? La dégringolade dans ma tête. Je ne pouvais m’empêcher d’être en colère et d’écrire à ses filles. J’ai par la suite envoyé un mail à David en sortant un tas d’horreurs. Ce qui m’effrayait c’est que Virginie a vu juste, et j’avais très peur de la suite. Bien entendu, David m’a sorti une tonne de mensonges en me disant qu’il avait créé le compte quand nous n’étions plus ensemble, qu’il n’y avait ABSOLUMENT rien avec ces filles et qu’il avait simplement besoin de « sex virtuel ». Je décidais alors de lui laisser une chance et de sortir ma « carte » Sherlock Holmes, mission « j’ai besoin de plus de preuves ».

Grâce à Virginie, j’ai rencontré Kenny, un magnétiseur. Ces deux personnes m’ont dit beaucoup de choses à propos de David, et j’insistais pour les entendre. Cependant, j’avais besoin de les voir par moi- même. Je peux ainsi dire qu’à partir de juillet, je suis devenue folle. Dès qu’il s’absentait de la maison,

je me levais rapidement et commençait à fouiller toutes ses affaires. J’ai regardé dans les moindres recoins. J’ai voulu traquer ses numéros de téléphone (il a dû avoir 10 numéros différents depuis notre rencontre) et ses énièmes comptes de messagerie, en vain. Dès qu’il ne prenait pas son téléphone portable avec lui, je me jetais dessus. J’ai fait faire un double de ses clefs sans qu’il ne le sache. J’ai posé un micro sous son lit pour écouter quand je n’étais pas avec lui s’il était accompagné. Je déprimais de plus en plus. Dès que je n’étais pas avec lui, je l’imaginais avec une femme. Et je perdais le contrôle. Je me faisais du mal à rester avec lui, mais au moins j’étais sûre de ce qu’il faisait.

Néanmoins, dans cette noirceur, ma voix intérieure me disait d’aller en avant et de demander de l’aide. J’ai contacté ma psychologue avec laquelle j’avais déjà fait un travail. Mais c’était la période estivale et je ne savais vers qui me tourner. En me renseignant sur les manipulateurs pervers narcissique sur Internet, je suis tombée sur des vidéos de Fati. Je me suis ainsi rendue sur son site et pris un rendez- vous. J’ai pu avoir un rendez-vous assez rapidement, il me tardait ! En attendant, je continuais toujours mes explorations. Chaque découverte était comme un coup de poignard dans mon cœur. Il me cachait tant de choses. J’ai su qu’il avait changé de nom de famille mais je n’ai pas su la raison. Il avait des listes cachées sous ses vêtements (de nouvelles résolutions, ou en lien avec la gente féminine). Il cachait des pilules, des préservatifs et toutes sortes de produits pour être excité et faire prolonger le désir. J’ai découvert qu’il avait déjà créé un compte sur le même site de rencontres la fois où je suis tombée enceinte et qu’il était à l’autre bout de la France. Mais, la meilleure découverte fût les fois où j’ai découvert ses nombreux dossiers de filles sur son ordinateur. Une fille, un dossier. Des photos très compromettantes, d’autres moins. Je supposais que même s’il n’avait pas rencontré la fille, même s’il l’avait juste séduite sur internet, il enregistrait sa photo de profil dans son dossier. Bien évidemment, j’avais un dossier à moi. Des photos de moi, plus ou moins intimes. Mais aussi des photos qu’il avait récupérées sur Internet, sur mon profil Facebook. De nouvelles photos de son ex-femme. Pourquoi ? Dès qu’elle lui envoyait des photos de ses voyages, il en enregistrait quelques-unes. Je me souviens de ce dossier nommé « meufs ». Dans l’un des sous-dossiers d’une fille, il y avait l’une d’entre elles qui se rhabillait, assise sur son lit. Je reconnaissais très bien la chambre. Cette photo date de novembre 2016, ce fameux mois où il avait commencé à piétiner mon petit cœur. Je me retrouve ainsi chez lui, à fouiller son ordinateur autant que possible et à tomber sur ce genre de photos. Le choc. J’ai tout gardé pour moi, je ne lui ai rien dit. Je faisais comme si de rien n’était mais j’étais remplie d’une profonde tristesse. J’étais désespérée. Je n’arrivais pas à le quitter. J’avais à la fois envie de l’embrasser mais quand nous nous mettions au lit je m’imaginais lui planter un couteau dans le dos. J’imaginais toutes sortes de scénarios pour le tuer. Oui, je devenais folle, et n’avais aucun amour pour moi-même pour accepter cette situation.


DEMARRAGE DU COACHING THERAPEUTIQUE AVEC FATI AMOR

J’ai commencé ma première séance avec Fati en lui expliquant ma relation avec cet homme. Ce n’était pas évident pour moi de lui raconter mon histoire. Au fil des séances, Fati m’ouvrait les yeux sur son comportement et sur l’impact qu’il provoquait chez moi. David n’avait pas connaissance de l’aide que je suis allée chercher. Fati m’apprenait beaucoup de choses, des séances de 40 minutes en moyenne, mais très intenses. A certains moments, elle me secouait, à d’autres elle était très douce. J’étais en train de mourir et ces séances étaient chacune comme un choc électrique au défibrillateur. Je ne voulais plus souffrir mais n’arrivait toujours pas à m’en séparer. C’est comme si je l’avais dans la peau. Cette colle extra forte que je peine à enlever. Pendant ces séances, j’ai beaucoup appris sur moi-même. La façon dont j’agissais avec David qui ressemblait fortement à mon comportement avec ma mère. Je continuais ma relation avec David mais j’y voyais de plus en plus clair dans son jeu, dans son comportement et ses paroles. Je décortiquais ces monologues. Il ne parlait que de lui et d’autres sujets mais tout en critiquant. Ces phrases qui m’ont marquée, des discours troublants sur les autres, ses nombreuses anecdotes. Il n’était pas dans la bienveillance.

Mon contrat de travail s’était terminé. Je redoutais cette période où je n’étais plus occupée les journées, au risque de tomber encore plus dans ses bras. J’étais toujours dépendante et aux petits soins pour lui sinon je provoquais la foudre. Mais, un soir de fin octobre, David avait décréter de me renvoyer chez moi. Selon lui, il n’avait plus d’argent et ne pouvait plus tout payer pour deux, ce n’était pas normal. Il m’accusait de ne pas payer autant que lui, et qu’on ne pouvait plus faire d’activités. Il avait décidé d’économiser pour partir vivre au Canada. Autrement dit, je n’avais pas le choix. Quand bien même avec mon petit salaire d’alternante, je nous payais des bricoles/activités de temps en temps, mais refusait constamment. La double contrainte ? Je ne pouvais communiquer calmement et exposer mon opinion avec lui. Quand je payais ça ne lui allait pas et quand je ne faisais rien, ça n’allait pas non plus ! Ce fameux soir, je décide d’exécuter ses ordres et de prendre toutes mes affaires. J’étais épuisée, je ne voulais plus me battre pour rester et me plier en quatre. Il me prenait la tête sans arrêt ! Je suis rentrée chez moi et je n’ai plus donné de nouvelles. A partir de ce moment-là, j’ai eu le déclic. Je me disais, pourquoi ne pas utiliser cette application de rencontres que j’avais installée pour David, mais de l’utiliser pour MOI. Rencontrer des hommes qui me plaisent. A vrai dire, je n’avais aucun but, je voulais juste me changer les idées.


DESIR DE VENGEANCE

J’ai eu une phase où je ne sortais plus de chez moi, où j’avais simplement envie de me venger. Reconquérir David pour lui mettre un coup de bâton. Une part de moi en mourrait d’envie, mais l’autre me disait « attention à ne pas retomber dans la gueule du loup, c’est dangereux ». J’ai rencontré des hommes avec qui je me suis bien entendue. Pour être honnête, ces discussions et ces rencontres m’ont changé les idées. Il y a des hommes honnêtes, oui ! quelle révélation ! Autrefois, j’avais beau être malheureuse, je n’imaginais même pas ne serait-ce regarder un autre homme. J’ai travaillé avec Fati sur cette vengeance que je désirais fortement. Cette vengeance active que je n’ai pas faite car la vie m’a montré une autre direction. Je me suis foulée la cheville et j’étais bloquée chez moi. Ah ! Cette entorse contrariait fortement mes plans. Petit à petit, j’ai commencé à m’en remettre physiquement, et j’ai commencé à faire des sorties, à rencontrer de nouvelles personnes. Cette fin d’année n’était pas évidente. David revenait très régulièrement me parler et « tâter le terrain ». Je ne sais pas avec quelle force, mais j’ai résisté ! Je ne l’ai pas revu, alors qu’il tentait de me séduire à nouveau, de m’inviter au cinéma, d’avouer ses torts mais surtout les miens ! Ses messages me mettaient encore en colère car je les trouvais absurdes ! Je ne voulais pas le revoir mais je ne résistais pas au fait de regarder ce qu’il faisait sur un site internet.


LE DÉCLIC

Mon rat, cet animal de compagnie que j’ai eu avec David et que j’ai récupéré quand il est parti en déplacement, est mort la semaine dernière. Je l’aime tellement cette petite boule de poils, sa mort m’a beaucoup affecté. A ce même moment-là, je disais à Fati que je ne voulais absolument plus être avec cet homme. C’est terminé. La mort de cet animal à sonner en moi comme la mort de cette relation. Je n’ai jamais été aussi sûre de moi. J’ai tellement souffert. Et cet homme ne me convient tellement pas ! Oui, c’est un petit acte d’amour envers moi-même. Je lui ainsi dit que je ne voulais plus entendre parler de lui. Il n’a évidemment pas lâché l’affaire. Mais j’ai enfin réussi à bloquer ses numéros, à les supprimer et à supprimer chaque photo de lui, de nous, de chaque preuve que j’ai trouvée. Cette relation ne s’est pas terminée comme je l’avais imaginé, mais aujourd’hui je me sens libérée de son emprise.


COLERE

Grâce aux séances avec Fati, j’ai pu sortir de son emprise, j’ai compris pour mieux gérer et reprendre ma vie en main. Je n’étais plus moi-même : j’ai imaginé des actes, j’ai fait des choses que je n’aurais certainement jamais faites auparavant. Cet homme m’a manipulé, j’en suis bien consciente à l’heure d’aujourd’hui. Ma souffrance avait une telle ampleur, que seule la mort me semblait pouvoir la faire cesser. J’ai puisé en moi, j’ai fait appel à Fati et aux soutiens de très grandes valeurs qui m’ont poussé vers la liberté.

Ce fût pour moi une expérience bien traumatique, qui m’a certainement laissé des séquelles intérieures. Je sais que cette histoire aurait pu aller bien plus loin dans la gravité si je n’avais pas rencontré Virginie et Kenny. Cette sensation que je ressens est comme si j’étais passée dans un broyeur. Mon corps me parle. Depuis ma séparation, je n’ai que de petits problèmes de santé. Je pense que mon corps relâche toute cette mauvaise énergie que j’ai eue. Mais David me laisse une dernière entaille, une maladie sexuellement transmissible. Néanmoins, je touche du bois, car même s’il y a des risques pour ma santé, je la traite.

J’ai l’impression d’avoir passé plus d’une année main dans la main avec un diable qui m’aurait fait visiter les portes de l’enfer. Il m’y a emmené en prenant l’apparence d’un ange avec qui j’ai cru cheminer dans la vie. Cette histoire me fait grandir. Je suis consciente que j’ai une dépendance affective et que je suis émotionnellement immature. J’ai pu mettre des mots sur ces émotions et ces faits grâce aux séances de coaching. Il me reste un très grand travail sur l’estime de soi. Je suis comme les fondations d’une maison qui a été démolie, et qu’il faut reconstruire petit à petit.


TRISTESSE ET LIBERATION DE L EMPRISE...


Je pleure de temps en temps sans savoir pourquoi. Je souhaite travailler avec l’aide de Fati sur mes envies, ma dépendance, mon MOI simplement. Qui suis-je ? C’est comme si j’avais perdu mon empreinte.

Je dois avouer que je crains encore tomber sur ces prédateurs. J’espère pouvoir les repérer et ne pas les laisser s’approcher de moi. Ma seconde crainte aujourd’hui est de retomber dans cette dépendance, même avec un homme plus équilibré. A la sortie de cette relation je me sens déstructurée. Je ressens encore cette frustration quand j’explique mon histoire et qu’on ne me comprend pas pleinement à quel point cet homme est fou et mauvais, à quel point ces PN sont psychotiques.


DONNER DU SENS A SA VIE

J’ai pour projet de partir en mission humanitaire. Je n’ai pas validé mon diplôme. Est-ce une victoire pour lui ? Je ne sais pas. Je sais que je n’ai pas l’énergie de me consacrer à ce terrible fardeau qu’est mon mémoire de recherche. Ce besoin si oppressant à l’heure actuelle est de partir prendre du recul, retrouver un petit bout de cette estime et vivre une expérience en aidant des personnes dans le besoin. Il y a plus d’un an j’ai vendu mon âme à ce prédateur. Il m’aura fallu 7 mois pour sortir de son emprise (dont 6 mois de coaching). Il est aujourd’hui temps pur moi de retrouver cette âme, de la respecter et aller de l’avant. Merci à Fati, Virginie et Kenny qui m’ont en quelque sorte sauvée la vie !